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Le Hezbollah répond à l’assassinat ciblé d’Al-Arouri à Beyrouth
الأربعاء 10 كانون الثاني 2024

،La riposte de l’organisation chiite permet une première « vengeance ». Elle évite également l’engrenage vers une guerre totale avec Israël et garde des canaux ouverts avec Washington. Au début de cette année, Israël a lancé une frappe contre le bastion du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, qui a abouti à l’assassinat du cheikh Saleh Al-Arouri. M. Al-Arouri occupait des fonctions importantes au sein du Hamas. Il était chef adjoint de son bureau politique, dirigeant du mouvement en Cisjordanie et second dans la hiérarchie du mouvement palestinien. En raison de son rôle crucial de lien entre le Hezbollah, les Gardiens de la révolution iraniens et le Hamas, cette frappe sur Beyrouth a violé les règles d’engagement établies depuis le 8 octobre, aggravant les tensions et portant à un point critique l’éventualité d’une guerre à grande échelle. Dans une réponse rapide, le Hezbollah a tiré 62 roquettes sur la base de surveillance aérienne de Meron de l’armée israélienne, située sur le mont Hermon. Cette base est cruciale, car elle sert de centre de gestion et de contrôle de l’espace aérien et constitue le seul centre de défense aérienne du nord d’Israël qui n’a pas d’alternative. C’est aussi l’une des deux bases principales de tout Israël, l’autre étant » Mitzpe Ramon « , dans le sud. Selon une source haut placée du Hezbollah, cette action a de multiples implications. Elle indique que la base sert de guide pour les avions et abrite des systèmes radar. Elle a donc été ciblée comme telle puisque sans aucun doute, elle était à l’origine de la frappe contre Beyrouth. Le Hezbollah a ainsi répondu de la façon la plus claire qui soit. Notre source explique encore la nature du message du Hezbollah : « Si les Israéliens pensent que la résistance évite de viser des bases stratégiques cruciales comme Meron, nous voulons dire clairement aujourd’hui que nous viserons tout lieu ou toute base que nous percevons comme une menace pour notre pays, notre peuple et notre nation. Il n’y a pas de bases sûres ou cachées face à nos missiles et aux capacités de la résistance. Ceci marque le début d’une réponse forte, et nous persisterons à envoyer des messages forts pour dissuader cet ennemi, assurer l’indépendance et la force de notre pays, et préserver notre résistance, notre terre, notre peuple et nos familles ». Le Hezbollah a décrit cette riposte comme étant la première partie de sa réponse qui serait complétée plus tard. Toutefois, l’efficacité de l’action initiale du Hezbollah a réduit l’urgence de ses actions ultérieures. L’organisation considère ainsi avoir repris la main, pour s’assurer que toute attaque contre le parti en dehors des zones de conflit et de ses bases aura des conséquences significatives. Il s’agit pour lui d’empêcher le Liban de sombrer dans une situation similaire à celle de la Syrie, causée par le ciblage aveugle par l’ennemi de n’importe quelle zone à sa discrétion. De leur côté, les responsables libanais soulignent que cette réaction ne devrait pas dégénérer en une guerre à grande échelle, et ce pour plusieurs raisons. Il s’agit notamment de la réticence du Hezbollah à s’engager dans un tel conflit, du manque d’intérêt d’Israël pour une confrontation plus large et, surtout, du rôle joué par l’administration américaine dans l’évitement d’un tel scénario. En ce qui concerne le rôle des États-Unis, des sources confidentielles suggèrent qu’une réunion aura lieu en dehors du Liban entre Amos Hochstein, représentant le président Biden, et le vice-président du Parlement libanais, Elias Abou Saab, qui joue le rôle de médiateur pour la partie libanaise. Cette réunion a pour but de discuter des résultats de la visite de l’envoyé présidentiel américain à Tel-Aviv. Il convient de noter que, lors de leur précédente rencontre à Dubaï avant le départ de Hochstein pour Tel-Aviv, plusieurs propositions ont été discutées afin d’apaiser les tensions sur le front nord, y compris le retrait potentiel des forces israéliennes de certaines zones contestées avec le Liban. Toutefois, le Hezbollah a informé tous les médiateurs, y compris Abou Saab, qu’il n’y aurait pas de cessez-le-feu sur le front sud du Liban, au nord d’Israël, tant que la guerre à Gaza ne serait pas terminée. Al-Arouri partiellement vengé, l’escalade du conflit évité, le Hezbollah reste aujourd’hui en contact via des intermédiaires avec les Etats-Unis dans le but de définir les contours politiques et sécuritaires qui suivront le cessez-le-feu à Gaza.